Macarena Lira
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Sciences Po' Paris avec une bourse de l'Ambassade de France |
Quand Macarena Lira est partie en France faire "Science po'", le prestigieux Institut d'Etudes Politiques de Paris, elle ne se doutait pas qu'elle mettrait si longtemps à revenir au Chili : 14 ans, dont 9 en France. Elle est de retour à Santiago depuis deux ans.
Chilienne avec un grand-père paternel français, œnologue venu au Chili dans les années'40, cette -bonne- élève des lycées français ; Caracas puis Santiago, n'avait jamais mis les pieds en Europe avant ses 19 ans. Mais à force d'entendre parler en classe de la France , son histoire, sa géographie, ses institutions, sa littérature… l'idée d'y faire ses études supérieures s'est imposée. Les Chiliens qui passaient le bac, explique t-elle et avaient de bons résultats, pouvaient bénéficier de bourses de l'Ambassade de France.
"Sciences politiques", pourquoi pas ? Pour Macarena, douée dans les matières scientifiques, mais plutôt littéraire, le programme paraissait suffisamment vaste, multidisciplinaire, pour tout dire alléchant. Sans se douter que pour intégrer ce fameux institut parisien, les jeunes français font des stages d'été, sur admission, pour préparer l'examen d'entrée…en classe de préparation au concours d'entrée. Un parcours réservé aux plus motivés. C'est ainsi qu'après 18 mois de mise à niveau à l'Université Catholique, de Santiago, elle s'envole, avec 10 camarades de promotion, eux aussi pris en charge pour leurs études et leur frais de séjour, pour Paris, où sa maman l'installe dans un foyer de jeunes filles.
La première année a été un peu difficile, explique t-elle, dans un phrasé très clair sans une once d'accent. J'ai dû me prendre en charge pour toutes les démarches administratives, la mutuelle, la sécurité sociale… Et puis, en cours, j'avais du mal en culture générale, je n'avais pas du tout les mêmes références. Surtout qu'à cette époque, Science po' était vraiment franco-français. Les auteurs de référence étaient tous français, cela a changé maintenant, notamment avec le stage de 3 ème année à l'étranger . Dans la vie de tous les jours, en entendant parler de "Sécu" ou de "SDF", elle ne retrouvait pas vraiment le vocabulaire français académique appris au lycée. Pourtant, des devoirs retrouvés récemment, attestent des éloges de ses professeurs de Sciences Po sur la qualité de son expression écrite. Excellente pour une étrangère.
Dès la deuxième année, elle prend son envol : s'installe dans un studio et rencontre celui qui est aujourd'hui le père de ses deux enfants. C'est un camarade de promotion "plutôt dilettante", selon elle, qui a estimé avoir énormément travaillé, en ne s'octroyant pas plus de deux ou trois sorties par an et jamais un week-end complet.
Leurs études terminées, elle le suit en coopération à Hong-Kong où, par hasard elle prend goût, et se forme, à l'enseignement des langues étrangères. Un métier pratique pour voyager… .Re-Paris puis Munich.
Si elle dit se sentir chez elle en France ; comme maman, elle se sent plutôt chilienne. Après la naissance de son deuxième enfant, la petite famille est donc revenue au Chili. C'était il y a deux ans. Depuis, par commodité, et aussi parce qu'elle aime vraiment ça, elle donne des cours de français et d'espagnol chez elle, à Vitacura, notamment à beaucoup de membres de la communauté francophone.
Sophie Rouchon