Mariana Fagalde

35 ans
Psychologue clinique

Doctorat en sexualité, procréation et périnatalité. Paris VII (à Paris de nov 2001 à mars 2003)

Mariana, avec un grand-père paternel français, qui n'a pas fait les démarches pour lui léguer la nationalité, s'est toujours senti proche de ce pays. Il se trouve que la Faculté Diego Portales où elle a fait ses études de psychologie, entretient des liens étroits avec l'université Paris VII.

C'est ainsi que de novembre 2001 à mars 2003, elle a vécu son rêve: je voulais vivre à Paris; la bourse de l'Ambassade de France était pour moi une occasion exceptionnelle, reconnaît-elle, ravie de pratiquer son français en vu du mois de mai où elle retournera défendre sa thèse à Paris. Son sujet ? : "la critique du modèle masculin dans la psychanalyse", ou à peu près. Cette spécialiste des femmes y démontre comment les théories psychanalytiques s'appliquent mal à l'univers féminin.

Elle raconte, emballée, comment son séjour en France, entre Paris et le pays basque où sont ses racines, lui a fait envisager la psychanalyse autrement: au Chili, la psychanalyse, on la connaît par les livres, là-bas, elle se fait, elle se vit, se remet en cause, de nouvelles interprétations naissent. Il y a une effervescence incroyable. Tout ce qui se passe à Paris artistiquement, culturellement participe à ce mouvement.

Partie avec son mari, lui aussi doctorant, elle a adoré leur vie dans un studio du XVIIIe arrondissement populaire, derrière la butte Montmartre et légué par une amie chilienne. La France est tellement plus libérale que le Chili. Ça se voit dans la manière de s'habiller, d'être des gens. Et puis, la ville est cosmopolite. Je rentrais, je disais à mon mari: voilà j'ai vu une personne, avec des traits comme ceci, comme cela, d'où pourrait-elle être? La nourriture, la manière de porter les bébés, le brassage de culture, c'est fantastique!, s'enthousiasme t-elle.

Aujourd'hui maman, elle fait toutes les démarches -fastidieuses comme on l'imagine- pour récupérer sa nationalité française et la transmettre à son fils. Avec la ferme intention de ne plus rester trop longtemps éloigner de l'hexagone en général et de la Société de Psychanalyse Freudienne en particulier.

Sophie Rouchon