Juan Carlos Thomas aux affaires sociales

32 ans
Ingénieur commercial
MBA Insead Fontainebleau

 

Il a été engagé depuis un an, pour ouvrir au Chili le bureau de l'une des plus gosses ONG nord-américaine, de conseil en entreprenariat social. Un virage à 180° pour cet ingénieur commercial de 32 ans, dès sa sortie de la prestigieuse INSEAD de Fontainebleau.

Il a le profil type, c'est-à-dire atypique, d'un élève de l'INSEAD : ingénieur, la trentaine, quelques années d'expérience professionnelle. .Juan Carlos Thomas a terminé son MBA, master en administration des entreprises de la prestigieuse école basée à Fontainebleau ( 60 km sud de Paris), en 2006. Depuis, comme bon nombre des quelque 800 élèves qui, chaque année, passent par l'INSEAD, sa carrière a pris un nouveau virage.

Je viens d'un milieu d'entrepreneurs, donc j'ai toujours su ce que je voulais faire, explique Juan Carlos, mais je suis de la région des lacs, très rurale. Je me suis donc en plus toujours intéressé à l'entreprenariat social.

Après six ans dans une banque d'investissement, il voulait une expérience en Europe, après un échange universitaire, aux Etats-Unis. C'est l'une des trois meilleure école de commerce européenne derrière la London Business School, rappelle-t-il avec fierté. Comme je préférais un pays latin, j'ai choisi la France et l'INSEAD , explique-t-il avouant avoir oublié son français. Car cette école, basée à Singapour et Fontainebleau, et qui accueille 70 nationalités, est un peu une enclave en Ile-de-France ; le français n'y était que sa troisième langue : Il faut parler deux langues pour entrer, dont l'anglais. C'est la langue commune à l'école. C'est autant la richesse et la variété des contacts que la qualité des cours, qui fait l'intérêt de ce MBA, affirme Juan Carlos, qui, logeant chez une famille, a tout de même pu apprécier le charme de la vie française et voyager dans l'hexagone.

Dès son retour, il a été engagé par Technoserve pour ouvrir leur bureau au Chili. Cette ONG basée à Washington est l'une des 5 plus performantes en matière de développement social, selon un classement du Financial Times. Jusqu'à présent, l'action de Technoserve s'arrêtait au Pérou désormais elle s'étend au Chili avec deux projets en cours. Il s'agit de détecter dans les communes rurales des entrepreneurs et des entreprises qui auraient besoin d'un coup de pouce pour se développer et mieux répondre aux exigences du marché : présentation des produits, normes d'hygiène, débouchés possibles. Le tout avec, entre autre, le financement de grandes entreprises qui se sentent des responsabilités sociales. Grâce à Technoserve, Centurion, par exemple qui fabriquait au Pérou de la mélasse en vrac, produit aujourd'hui du sucre joliment conditionné pour le marché européen du bio. Juan Carlos qui a pourtant fréquenté à Fontainebleau le gratin mondial du buisness, se sent en accord avec lui-même dans ses nouvelles fonctions qui le rapprochent de son Panguipulli natal.

Sophie Rouchon