Entré en maternelle au lycée français "par hasard", Ignacio Briones, quelques années plus tard, s'est retrouvé en doctorat à Science-po Paris. Il n'y a pas de hasard.
Impossible de lui trouver une racine française, ou la moindre affinité familiale avec l'hexagone, à moins que si, peut-être: son grand père paternel était prof de français et a reçu la Légion d'honneur pour sa contribution à diffuser la langue française.
À 34 ans, Ignacio Briones parle un français impeccable et a passé plus de trois ans à Paris. D'abord un semestre, en 1995 dans le cadre d'un échange universitaire puis en septembre 1999, pour faire un doctorat sur l'histoire financière au XIXe siècle, à l'école de sciences politique de Paris. Les sciences polítiques combinées avec l'économie le passionnent.
Contrairement à pas mal de ses condisciples, il a préféré la France aux Etats-Unis: je savais que l'IEP Paris était une très bonne école et surtout que j'allais m'installer quelque part pour 4 ans, autant que ça soit en France, déclare-t-il. Ironie du sort, il a failli partir quand même à Chicago après un an à Paris, pour un problème de bourse: Ma bourse Eiffel est arrivée à son terme, je n'avais pas encore mes résultats pour la prolonger et à cause de cette histoire de calendrier, j'ai failli à ce moment-là partir aux Etats-Unis où j'avais une bourse. Mais j'ai tout fait pour rester. Jusqu'à ce que finalement, un financement du ministère des affaires étrangères soit débloquée, raconte-il.
A partir de là, tout est allé sur des roulettes jusqu'à sa thèse qui a reçu les félicitations du jury à l'unanimité et une proposition de subvention pour une publication: j'avais un directeur de recherche passionnant et suffisamment de ressources pour profiter de Paris. Pour les extras, comme les voyages, j'avais heureusement quelques économies du Chili, souligne-t-il. Un copain d'enfance chilien suivait le même cursus, Ignacio a donc vécu en colocation avec lui dans le Xème arrondissement : Je n'ai pas voulu vivre entre étudiants, à la Cité universitaire, je préférai être indépendant. Et puis on se connaît depuis que l'on a 4 ans et demi, on était ensemble à l'Alliance (lycée français de Santiago), ça aide, sourit-il.
Aujourd'hui il ne refuserait pas une charge de "professeur invité" à Paris ; le contact est étroit avec son ancien professeur de thèse. À suivre, donc.
Sophie Rouchon