Constanza Symmes

28 ans.
Assistante d'espagnol à Bordeaux en 2001.

Formation en Gouvernance et Gestion Publique puis Maîtrise d´Etude sur l'Amérique Latine également à l'Université du Chili.

En ces premiers jours de janvier, Constanza Symmes, attend fébrilement les résultats de sa postulation à la bourse de l'Ambassade de France pour suivre un doctorat à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris. Si elle ne l'obtient pas, elle se dit décidée à chanter dans les cafés parisiens ; terrain naturel des sociologues, après tout ! En attendant, archi motivée, elle se prête volontiers à un petit exercice de présentation écrit pour s'entraîner au français .

En 2001, j'étais aux dernier cours à l'Université et par hasard j'ai trouvé sur un tableau informatif une petite annonce de l'Ambassade de France pour aller en France comme assistante de langue étrangère et donner des cours d'espagnol. Ca a attiré vraiment mon intérêt: Il s'agissait d'une belle opportunité de connaître la France au plus profond de sa structure: le système de l'Éducation nationale et la culture dans la vie quotidienne. Tout un rêve!

J'étais très motivée et je me suis décidée à postuler.

Bordeaux:

Quand je suis arrivée à Bordeaux, la première chose qui m'a étonnée, c'est la diversité de gens et de petits quartiers où l'on peut profiter de différentes cultures.

J'étais vraiment enchantée de vivre dans une ville faite à l'échelle humaine, avec des petites rues et une architecture pleine de richesses et d'Histoire et pas seulement faite pour être admirée : un espace vivant!

Je suis tombée amoureuse du Cinéma Utopia qui se trouve sur la Place Camille Jullian et qui est devenu ma deuxième maison chaque semaine. La diversité de l'offre est formidable: films africains, arabes, chinois et aussi latino américain, toujours de très bon niveau (art et essais). Une autre chose que j'ai bien aimée ce sont les débats après le film.

Également la cuisine bordelaise est magnifique! Je ne l'ai pas oubliée, ainsi que les paysages du sud- ouest : Médoc, Arcachon, Le Cap-Ferret, Le village de l'Herbe.et puis les gens sont vraiment gentils.

La période pendant laquelle j'ai été assistante d'espagnol au Lycée Camille Julian a été l'une de plus importante période de ma vie en travaillant pour l'Education Nationale, où les citoyens reçoivent une seule et égalitaire formation sans la préoccupation financière. Au Chili ce serait impossible .

Mes projets liés à la France aujourd'hui:

Maintenant je suis en train de postuler à une Bourse pour continuer mes études en France. Je voudrais faire un Doctorat en Sociologie de la Culture au Centre de Sociologie Européenne à l'EHESS. Je veux étudier la dimension culturelle de la transition chilienne (passage à la démocratie NDA) précisément dans le champ de la citoyenneté.

Il est important de signaler que je viens de deux mondes académiques différents. D'un côte le champ de la science du gouvernement et l'administration publique, et de l'autre autre les études culturelles. Ces deux angles d'analyse m'ont permis de voir le besoin d'étudier l'Etat mais en allant plus loin dans la compréhension des processus sociaux et culturels. Il me semble que cette recherche pourrait être une excellente opportunité pour fortifier cette double perspective donc, comprendre le fond symbolique et culturel qui dessine les scénarios sociopolitiques."

Recueilli par Sophie Rouchon