Claudia Iglesias, championne de dictée en français
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Titulaire du Capes d'espagnol
Directrice d'une agence de traduction. |
Elle représentait le Chili, où elle a obtenu le bronze, lors de La dictée des Amériques , à Québec, en mars 2008.
Erre souvent et recommence : par ton opiniâtreté, tu acquerras ta liberté, voilà le genre de phrase à laquelle s'est frotté, Claudia Iglesias, pour décrocher le bronze de sa catégorie dans la dictée des Amériques. C'était le 15 mars dernier, elle représentait le Chili à Québec, où, après une sélection dans les 59 pays participants, avait lieu la finale, qui distinguait les juniors et les seniors, les ressortissants de pays francophones ou pas, enfin les professionnels de la langue française et les amateurs. Des catégories un rien perméables comme le prouve le parcours même de Claudia : Chilienne ayant étudié en France et qui mariée à un Français, professeur au lycée français de Santiago, mère de 3 enfants franco-chiliens et traductrice, n'a plus cessé depuis ses 12 ans d'être dans la double culture.
C'est en Algérie qu'elle découvre le français, en 1975, lorsqu'elle débarque avec ses parents de Santiago, via l'Espagne (en bateau), à Oran. De l'"opiniâtreté" (qu'elle écrivait sans faute le 15 mars), il lui en a fallu pour apprendre un français qui lui résiste et la condamne à un triple CM2 (7° básico) au lycée français d'Oran : il n'y avait pas le choix des lycées, c'était arabe ou français, se souvient-elle, louant le mélange exceptionnel de nationalités qui y étaient brassées. Et même si c'est à 20 ans qu'elle décroche le bac, les écoles de commerce auxquelles elle postule en France, s'arrachent cette élève à l'excellent dossier scolaire. C'est à Reims qu'elle atterrit, parce que son futur mari lui avait fait découvrir sa région d'origine. Mais sans lui -encore en contrat à Oran- sans connaître personne, coupée de sa langue, elle décroche au bout d'un an de son école de commerce et bifurque vers une fac d'espagnol. Elle passe une licence.
Finalement, mariée en 1984, elle suit au Venezuela son mari professeur de physique-chimie. Elle y passe le Capes d'espagnol par correspondance : avec tous les aléas du courrier avant l'ère Internet, s'amuse t-elle. Puis retour en France, où elle fait ses grands débuts de profs : J'étais en ZEP (zone d'éducation prioritaire=école difficile N.A) à Reims, les élèves se fichaient complètement de l'espagnol, sourit-elle. Mais pas le temps de s'aigrir, la famille, avec trois enfants petits, part en République Dominicaine où elle exerce encore, mais dans l'inconfort d'un contrat local.
Lorsque son mari obtient son poste à Santiago, elle décide de changer de voie et de revenir à ses premières amours : la traduction et l'interprétariat dont on l'avait découragée : il n'y a du travail que pour les meilleurs, l'avait-on prévenue. Elle suit une formation canadienne à distance, puis monte sa boîte dans sa maison de Vitacura, où elle a fait son bureau. Aujourd'hui, elle a une employée à plein temps et une vingtaine d'indépendants qui travaillent pour elle, ce qui lui fait dire que l'école de commerce où elle semblait s'être égarée à Reims, à 20 ans n'était pas tout à fait une erreur d'orientation.
Sophie Rouchon
www.dicteedesameriques.com
www.betranslated.cl