Né en 1966. Artiste peintre (Exposition Chili, France, Tahiti, Danemark, Yougoslavie, Mexique, Espagne, Belgique, Uruguay, Argentine, Égypte).Conseiller culturel au ministère de l'aménagement du territoire (Obras Públicas) - Direction de l'architecture
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Les tableaux sont partout présents dans son bureau du ministère, qui surplombe Santiago, en face de la Moneda. |
Alex Chellew prévient: il est d'abord peintre. Son mémoire de maîtrise d'art plastique de Paris VIII (St Denis) avait pour sujet "l'inter culturalité de la peinture chilienne en France".
Arrivé en 1987 à Paris pour fuir un Chili qui commence à s'intéresser de trop près à ses activités militantes, il bénéficie de l'élan formidable qui anime alors les associations d'aides aux réfugiés. Elles lui fournissent cours de français et petits boulots, mais surtout il y fréquente des intellectuels et des artistes, exilés comme lui. Entre travail à la banque et coups de pinceau dans des appartements parisiens -il faut bien vivre-, il s'inscrit en auditeur libre à la fac d'art plastique, puis suit un vrai cursus qui le mènera à la maîtrise:je suis très reconnaissant à la France de m'avoir permis de faire ces études, gratuitement et avec une couverture médicale, susurre t-il, plus très à l'aise avec le français qu'il dit pratiquer rarement .
À Paris, il étudie, peint, il réalise plus de 25 expositions individuelles et une centaine collectives, tombe amoureux. L'intégration est parfaite. Pourtant il n'aspire qu'à rentrer au Chili: Je sentais qu'il y avait des choses à faire, ici, tant politiquement qu'artistiquement. Et puis ma femme de l'époque avait quitté le Chili en 1973, à 5 ans, elle souhait retrouver ses racines. En 1997, dix ans après son arrivée, ils rentrent donc, leur bébé de 3 mois sous le bras. Il se souvient: le retour a été très dur, c'était comme un deuxième exil, j'ai mis un an et demi à me réhabituer au Chili, aux horaires élastiques, aux promesses qui n'en sont pas.Heureusement nous avons eu l'aide de la famille pour atterrir les premiers temps.
Très vite il milite aux côtés de Ricardo Lagos, ce qui, à la longue, lui vaudra sa nomination au ministère, direction de l'architecture. Il explique: je m'occupe de l'application de cette loi, calquée sur celle de la France, qui veut que pour chaque édifice public construit ou rénové, une somme soit prévue pour inclure une ouvre d'art spécialement créée pour ce lieu. Après le travail, il peint et organise des expositions avec l'Association des Peintres et Sculpteurs du Chili (APECH) dont il est vice-président (www.apech.cl). Il rêve d'organiser une exposition avec tous les peintres chiliens passés par la France comme lui, il en connaît au moins cinquante: Malheureusement, il manque de lieu d'exposition, lance t-il en forme d'appel.
Sophie Rouchon